Notre Rite

  • Print

Parmi les Rites maçonniques, le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm occupe une position particulière par son histoire, ses rituels et sa vocation spiritualiste et ésotérique. Il utilise un système de références qui s'inspire des rites initiatiques qui existaient autrefois autour du bassin méditerranéen. Ces antiques traditions initiatiques ont disparu pendant plusieurs siècles : pythagoriciens, hermétistes, etc. Il a fallu attendre le XVIIIe siècle pour retrouver leurs traces, conservées à l'instar des textes d'Aristote, par les érudits arabes, et les voir se redéployer en Europe, principalement en Italie mais aussi en France, en Allemagne et en Angleterre. A l'apparition de la franc-maçonnerie dite initiatique, nombreux furent les rites mis au point par différents ésotéristes. Le rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm est le produit du mélange de plusieurs rituels, actualisés et fixés dans leur forme actuelle par Robert Ambelain au lendemain de la Seconde guerre mondiale.

 

Le Rite de Misraïm


Dès 1738, on trouve trace de ce Rite nourri de références alchimiques, occultistes et égyptianisantes, avec une échelle de 90 grades. Joseph Balsamo, dit comte de Cagliostro, grand amateur d'ésotérisme et fameux magnétiseur, lui donna une première impulsion destinée à le faire connaître dans de petits cercles.

Très proche du Grand Maître de l'Ordre des Chevaliers de Malte, Manuel Pinto de Fonseca, Cagliostro fonda en 1784 le Rite de la Haute Maçonnerie Egyptienne. Il reçut entre 1767 et 1775 du Chevalier Luigi d'Aquino, Frère du Grand Maître national de la Maçonnerie Napolitaine, les Arcana Arcanorum, trois hauts grades hermétiques. En 1788, il les introduit dans le Rite de Misraïm et donne une patente à ce Rite qui se développe rapidement à Milan, Gênes et Naples. En 1803, ce Rite est introduit en France par Joseph, Marc et Michel Bédarride. A cette époque, le Rite recrute des aristocrates tant bonapartistes que républicains, ainsi que des révolutionnaires carborari.

Interdit en 1817, suite à l'affaire des Quatre Sergents de La Rochelle et à l'inquiétude suscitée par les Carbonari, les cercles où il est pratiqué deviennent des espaces politiques où se rencontrent les opposants aux régimes en place. L'oubli de l'idéal maçonnique et ésotérique entraine le déclin des loges. Vers 1890, les derniers Maçons du Rite sont regroupés dans une seule Loge dénommée Arc-en-Ciel.

.

Le Rite de Memphis


Constitué par Jacques Etienne Marconis de Nègre en 1838, le Rite de Memphis est une variante du Rite de Misraïm. Il reprend la mythologie égypto-alchimiste complétée d'emprunts templiers et chevaleresques.

Le Rite de memphis attire des personnalités en quête d'idéal. Il connait un certain succès auprès des militaires ayant connu les campagnes d'Egypte de Bonaparte, mais la tournure politique que prennent les loges conduit au déclin progressif du rite jusqu'à sa mise en sommeil en 1841. Après l'abdication du roi Louis-Philippe en 1848, le Rite est réactivé.

En Angleterre, dès 1850 de nombreuses Loges travaillaient en français au Rite de Memphis. Elles demeurèrent célèbres pour avoir accueilli d'ardents républicains (Louis Blanc, Alfred Talandier, Charles Longuet et Joseph Garibaldi, membre d'honneur…). En 1871, l'écrasement de la Commune contribue à l'essor des Loges en France car elles regroupent les anciens communards et tous les opposants au régime. Elles entameront leur déclin vers 1880 après la déclaration d'amnistie du nouveau gouvernement républicain.

 

En Egypte, en 1873, le Rite de Memphis se développa sous l'impulsion du Frère Solutore Avventure Zola, Grand Hiérophante jusqu'à l'avènement du roi Farouk.

Aux Etats-Unis, Marconis de Nègre implante le Rite vers 1856. L'engouement est grand, notamment sous la Grande Maîtrise du Frère Seymour en 1861.

 

Le Rite de Memphis-Misraïm


Il est le résultat de
la fusion des deux Rites, qui sera effective à partir de 1889.